L'ELSÄSSISCHER ORGELREFORM

par Emmanuel FABRE
(organiste titulaire de l'orgue de l'église Saint-Pierre-le-Jeune-catholique de Strasbourg)

3. Rinckenbach et Rœthinger : les nuances

Les deux firmes alsaciennes les plus prometteuses de ce début de siècle sont aux mains de deux jeunes facteurs d'orgues pleins de talents. Joseph RINCKENBACH est l'héritier d'une longue lignée d'artisans attachés à la facture traditionnelle française de CAVAILLÉ et alsacienne de STIEHR. De son côté, Edmond-Alexandre RŒTHINGER entre chez KOULEN en 1881 et s'initie à la facture française de MERKLIN. En 1889, il part pour Munich et s'engage chez MÆRZ. Profitant de ses congés, il parcourt l'Europe pour rencontrer un grand nombre de facteurs et se familiariser avec leurs techniques.. De retour à Strasbourg, il fonde sa propre manufacture en 1893. KOULEN s'étant vu attribuer en 1893 la réfection du grand orgue de la Cathédrale, il rappelle auprès de lui RŒTHINGER et lui en confie la partie sonore. Au-delà du choix certes discutable - mais dont la responsabilité n'incombe pas à RŒTHINGER - d'une esthétique orchestrale, les experts de l'époque et les organistes qui se succédèrent aux nouveaux claviers (Widor, Saint-Saëns, Gigout …) s'accordèrent tous à reconnaître les mérites d'harmonisateur du jeune facteur. Sa renommée faite, ce dernier pouvait donc voler de ses propres ailes et se confronter bientôt aux idées des pères de la Réforme.

 


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