Avril 2004

Entretien avec Eric Eisenberg



Nous tenons à remercier Eric Eisenberg pour la disponibilité
et la grande gentillesse dont il a fait preuve au cours de cet entretien.


Yannick Merlin :
1) Eric Eisenberg, pouvez-vous nous raconter comment vous avez été amené à réaliser le site "Orgues d'Alsace, à la découverte de l'orgue" ?

Eric Eisenberg :
Il s'agit avant tout d'une initiative d'amateur, d'un passionné d'orgue. En mai 1999, alors que je relisais pour la « n-ième » fois l'Inventaire des Orgues d'Alsace (paru en 1986), il m'est apparu que les moyens de l'Internet (en particulier les "liens") offraient une possibilité nouvelle pour rendre ces descriptions mi-historiques, mi-techniques plus accessibles au grand public. Le site a été pensé comme un instrument pédagogique, et destiné à faire partager cette passion : au début, "quelques" descriptions d'orgues étaient destinées à illustrer un propos général. Mais cela a pris spontanément une autre tournure : grâce à des contributions de plus en plus nombreuses, j'ai réalisé que nous avions - ensemble - l'opportunité de tenir à jour un "inventaire" des orgues d'Alsace. Il fallait continuer, car un inventaire à jour est un outil essentiel : on n'entretient bien que ce que l'on connait. Et bien sûr, il n'y aurait aucun intérêt à plagier un travail qui existe déjà : je ne "remonte" la page dédiée à un orgue que si je pense sincèrement avoir quelque valeur ajoutée : celle-ci peut prendre la forme de contributions de lecteurs, mais surtout de comparaisons, de recoupements ou de quelques mots permettant de relier l'instrument à un courant esthétique ou technique. Mais il ne faut pas se leurrer : le site ne prétend absolument pas rivaliser avec un inventaire officiel. Ce sont d'autre moyens, d'autres techniques. Il ne s'agit pas ici d'établir une référence, mais bel et bien un outil d'échange et de dialogue ; un endroit où on peut trouver des pistes à suivre, et nourrir sa passion. Un endroit où le profane se sentira le bienvenu.

Yannick Merlin :
2) Donc c'est également un site à vocation didactique ?

Eric Eisenberg :
Absolument. Si on ne met pas d'autre signification dans ce mot qu'une simple volonté d'amener au lecteur des pistes pour approfondir ses recherches.

Yannick Merlin :
3) Pour l'instant, votre site indique "900 orgues d'Alsace". Pensez-vous arriver au terme de votre entreprise d'ici combien de temps ? En fonction de quel(s) critère(s) traitez-vous en priorité un orgue plutôt qu'un autre ?

Eric Eisenberg :
Nous allons passer le cap des 1000 en Avril 2004. Bien sûr, la "quantité" n'a pas de sens en soi, mais j'aimerais bien parvenir aux 1200 pour que chaque instrument alsacien dispose d'une "édition 1". Après, il faudra revenir sur les pages... à commencer par celles des orgues les plus célèbres, qui ont été écrites... il y a déjà fort longtemps. Le compteur devrait être à 1200 vers Juin 2005, mais j'aurai d'ici là besoin de beaucoup de contributions : en effet, certains instruments ont été "repoussés" à la fin, parce que je sais qu'il me manque des informations. Je ne peux malheureusement pas "courrir" après chacun (par manque de temps), et ne veux pas perturber les facteurs en leur demandant des informations trop souvent, au fil de l'eau. L'un d'eux, à qui il a complètement échappé qu'il s'agissait d'une initiative d'amateur, m'a reproché de ne pas consacrer assez de temps à l'étude de ses instruments et travaux... et considère que ce n'est pas à lui de me donner les infos, mais à moi de venir les chercher. Il est clair que comme ça, on y arrivera pas. L'Internet est un monde sans imprimatur. Le souci, c'est qu'il y a évidemment beaucoup d'erreurs. Le crédit que l'on peut donner aux informations qu'on y trouve dépend avant tout ... des lecteurs. C'est soit un phénomène participatif, soit une perte de temps pour les rédacteurs et les lecteurs. Je vais donc préparer dans les prochains temps une page d' "appels au secours", sur lesquels je signalerai les endroits où il y a un manque flagrant. Tous ceux qui veulent contribuer pourront donc m'aider de façon ciblée, et ceux qui cherchent de l'info seront prévenus qu'il en manque ou qu'il y a des erreurs. Après, lorsque "tous" y seront (je parle des orgues publics bien entendu), les amélirorations se feront au rythme des inaugurations, contribuions et visites, et on pourra traiter les choses plus en profondeur. Quant aux priorités ... elles sont parfois définies par l'actualité, parfois par l'arrivée des contributions, mais le plus souvent, je le fais au gré des envies du moment, sachant qu'il faut garder des instruments "intéressants" pour les derniers mois... sinon ils seront bien gris !

Yannick Merlin :
4) Mis à part les priorités de publications "définies par l'actualité", quelles sont les esthétiques, instuments, facteurs d'orgues que vous affectionez particulièrement ?

Eric Eisenberg :
Il y a un style alsacien de facture d'orgues. Ce sont généralement des instruments "moyens" dans leurs dimensions, mais très soignés. Les instruments "de transition", ou, disons, de la première moitié du 19 ème siècle, sont souvent les plus intéressants du point de vue de la facture. Une autre période très féconde fut les années 1960.
Mais personnellement, les orgues qui me plaisent le plus font souvent partie de l'époque 1870-1930. On peut mettre les étiquettes que l'on veut ("Symphonique", "Néo-classique"...) mais ce qui fait le charme de l'Orgue, c'est bien que chaque orgue est différent. En toute sincérité, je concède ne pas (plus) très bien comprendre ce qu'il y a derrière ces étiquettes. Sûrement des idées que l'on se fait à un bureau, mais pas devant les claviers... Pas mal pour faire simple, mais toujours un peu faux. Ce qui est sûr, c'est que les possibilités musicales de ces instruments, s'il sont en bon état, sont tout simplement étonnantes. En plus, ce sont des lieux, des tribunes "à ambiance", où l'orgue, même muet, fait déjà des promesses dont on sait bien qu'elles ont déjà été tenues. Quand on essaye un orgue, il faut d'abord visiter les alentours ; c'est un instrument ou la musique doit entrer avant d'en sortir, une machine qui doit toute sa musicalité à l'interprète... Ses atouts sont donc objectivement "dans la tête", et révélés par la tournure d'un ornement, le graphisme d'une étiquette, l'odeur des bois ou l'usure d'une feinte du pédalier.
Si les instruments qui ont été réalisés entre 1870 et 1900 sont souvent mis en valeur, ceux des années 1900 à 1930 souffrent encore d'un manque évident de considération et de promotion. Je me fais beaucoup de souci pour les Joseph Rinckenbach et les Roethinger des années 1910 à 1930. Ils sont souvent en mauvais état, et donc mal jugés. Ils sont difficiles à "défendre", et l'argent public ne leur est que très rarement destiné. Et pourtant !
Je pense, par exemple, à l'orgue Mutin de Guebwiller, ou au Rinckenbach d'Uffholtz. Le moins que l'on puisse dire, c'est que leurs qualités ne "sautent" plus aux oreilles du public : il faut leur consacrer du temps et de l'attention. Je suis persuadé que ces deux instruments, très malades, comptent parmi les joyaux de notre région. Nous disposons des compétences en matière de facture d'orgue et de maîtrise d'oeuvre pour en refaire des instruments exceptionnels ; encore faudra-t-il décider comment et quand y travailler, avoir l'adhésion de tous, et franchir les étapes "politiques". Ce qu'il faut, c'est en parler, les promouvoir, attirer l'attention des décideurs. Ces deux instruments, l'Alsace ne doit pas les rater. Après leur restauration, c'est toute une époque musicale que le public va découvrir, au bénéfice des activités culturelles et du tourisme.
Enfin, il est une autre époque riche en instruments exceptionnels : ce sont les années 2000 ! Les orgues construits ou reconstruits ces derniers temps sont souvent d'excellentes surprises. Les outils et méthodes utilisés actuellement, et le talent des harmonistes atteingnent des niveaux sûrement inégalés. Sachons en profiter ! En plus, je crois bien que quelques belles surprises se préparent : du neuf au Conservatoire de Strasbourg et à Sausheim, un Wetzel (1832) à Walbourg, un Roethinger (1928) à Zillisheim, un Rinckenbach (1921) à Scherwiller...

Yannick Merlin :
5) Vous avez parlé de la nécéssité de promouvoir ce patrimoine immense : pensez-vous que que les orgues alsaciens soient bien mis en valeur (concerts, festivals ...) ?

Eric Eisenberg :
Il y a quand même une spécificité alsacienne évidente : il y a beaucoup d'orgues ! Beaucoup. Si chaque association y allait de son concert, il y aurait vraiment de quoi épuiser le public... Le point positif, ce sont les actoins concertées pour organiser les concerts et mettre les orgues en valeur. Les académies jouent un rôle déterminant. Les actions pédagogiques aussi. Autant de réussites. Mais pour les concerts, souvent, le public ne suit pas. Ils sont souvent trop longs, insufisamment commentés. Du point de vue de la qualité, les récitals d'orgue seul devraient être réservés aux organistes de très haut niveau. Pour un de ces récitals, il devrait y avoir au moins 2 ou 3 "orgue avec voix" ou "orgue avec instrument". De toutes façons, il y a trop de concerts. Trop, pour lesquels le public est passif et... s'ennuie. Nous sommes dans une société abreuvée d'images, où tout va vite et où la variété s'impose. En 1 heure, il faut au moins 3 changements. Dans les endroits où il y a deux orgues, il faudrait toujours en changer durant le concert ! D'autre part, l'écran vidéo est en train de s'imposer comme un accessoire indispensable. Je trouvais cela fort désagréable, voire "déplacé", mais force est de constater que le public en redemande. Cela dit, on pourrait faire en sorte que l'écran ne serve pas qu'à projeter les images de l'organiste qui s'escrime sur ses claviers, mais de temps en temps d'autres : ambiance, portraits du compositeur, registration - pourquoi pas la partition ? Ce qui est à promouvoir, ce sont les "veillées" orgue+textes. Enfin, dans une région où il y a tellement d'orgues, ce sont des visites qu'il faut organiser. Il faut faire monter le public aux tribunes. (Ou construire des orgues de choeur. Finir un Office avec une demi douzaine de gamins autour - avec peut-être des vocations - c'est quand même autre chose que de le finir en bouclant à clé une demi-douzaine de portes, de verrous et de loquets bizarres.) Ils faut surtout que les orgues soient joués. Donc, faire en sorte que plus de gens, de pianistes, de joueurs de synthé se mettent à l'orgue. Il faut avoir un sens de l'accueil beaucoup plus développé. Et il faut surtout commencer par rouvrir les églises : elles sont aujourd'hui presque toutes fermées, même le week-end, évidemment "pour raison de sécurité". Argument fallacieux s'il en est, qui peut évidemment servir à justifier n'importe quoi. Même s'il était juste, de nombreux systèmes de suveillance existent : clore est une solution de facilité suicidaire. La plus grande insécurité qui menace notre patrimoine, c'est l'oubli. Ou de le voir confisqué par de petites communautés locales, très restreintes, qui n'ont même pas les moyens de l'entretenir, et qui vont finir par pleurer une subvention pour un instrument que le public ne peut ni approcher, ni entendre, ni voir. A ce moment là, je préfère que l'on construise des stades... ou des rond-points... Prenons donc tout simplement modèle sur les amateurs de sports : ils ont des rendez-vous réguliers, des saisons qui rythment l'année.Croit-on pouvoir progesser, aujourd'hui, si le public de la Musique est appelé à rester passif ? Pour l'orgue, il y a les Journées du Patrimoine (dans le domaine, qui en sont à la préhistoire ; à peu près rien n'est organisé, et bien sûr, la fréquentation n'est pas terrible). Les nouvelles journées "Portes ouvertes" de la communauté Urbaine de Strasbourg sont une excellente idée (mais ce n'est que la deuxième année ; que font les autres villes ?), et - un peu- la Fête de la Musique. Mais là aussi, le public écoute sagement, en bas. Une seule fois. A quand des journées "Tribunes ouvertes" ? A quand des églises ouvertes, avec des panneaux d'information expliquant ce qu'il y a à voir dans l'édifice, quand on peut entendre l'orgue, et à qui il faut s'adresser pour le jouer ? Enfin, le rôle de tout "titulaire" d'un instrument devrait être non pas seulement de le jouer, mais de le faire jouer.

Yannick Merlin :
6) Parmi les orgues que vous avez déja répertoriés dans votre site, quels sont ceux qui vous sont les plus chers ?

Eric Eisenberg :
Souvent ceux qui "surprennent", c'est à dire qui en donnent plus que ce que l'on attend d'eux. J'ai ainsi le souvenir d'un... Kriess, à Crastatt, qui est une excellente surprise. Parmi les instruments récents, j'ai été enthousiasmé par ce qui a été fait à Strasbourg, St-Pierre-le-Jeune. Parce que c'est un orgue qui a en soi un projet. Et quand, en plus, la magie opère... Dans les orgues historiques, j'apprécie particulièrement les orgues de Martin Rinckenbach (Ensisheim, Bourgfelden, Kingersheim...) Celui qui m'a fait la plus grande impression, c'est indiscutablement le grand Mutin de Guebwiller, Notre-Dame. C'est une vieille dame très malade, mais très certainement le plus bel instrument de musique d'Alsace... Quel dommage qu'il soit dans cet état ! Du coup, l'orgue que j'ai pris le plus de plaisir à aller jouer (et à écouter), c'est encore un Mutin, celui de Wihr-au-Val. Il est tout simplement exceptionnel, par ses possibilités, l'acoustique du lieu... euh... tout ! D'ailleurs, je crois savoir que deux organistes alsaciens de grand renom que j'apprécie particulièrement se sont aussi attachés à l'orgue de Wihr-au-Val. A écouter absolument. Enfin, celui qui m'est le plus cher est sûrement celui que je joue tous les dimanches : l'orgue de choeur d'Obernai. 14 Jeux réels, pas historique pour un sou (1992), mais je peux vous assurer qu'on lui découvre une nouvelle facette toutes les semaines. C'est une infaillible et fidèle machine à traduire les notes en sons, et donc un instrument de musique avant d'être un orgue. Et c'est aussi un très bel orgue.

Yannick Merlin :
7) comment voyez-vous l'avenir des orgues alsaciens ?

Eric Eisenberg :
Il ne faut pas se leurrer : ce qui a payé les orgues, c'est la pratique religieuse. Ce sont des paroissiens qui ont voulu de la musique. Ils se sont arrangés, malgré les difficultés financières qui ont toujours existé, pour que la commune ou le conseil de fabrique finance cet objet qui leur donnait un peu... de luxe et de merveilleux en toute bonne conscience. Mais l'orgue a cessé d'être "merveilleux" pour devenir... parfaitement banal pour tous ceux qui ne l'on jamais découvert. Alors, aujourd'hui, dans des églises qui servent... parfois une fois toutes les 3 semaines pour une assemblée de 20 personnes il y a deux possibilités : soit il y a un Projet pour faire vivre l'orgue comme partie intégrant une ambition plus large, soit il n'y en a pas. L'orgue survivra si la pratique religieuse survit, et sûrement sera-t-il aussi un facteur déterminant de sa perpétuation dans sa forme actuelle, et même de son renouveau. Un défi qui impose de conserver (au sens cultiver) un "corpus" qui est le fondement de notre patrimoine musical, tout en le faisant vivre pour qu'il plaise et qu'il ait surtout une signification spirituelle. Un défi qui passe par l'obligation de retrouver une certaine fierté et l'obligation de refuser ce qui est trop gnan-gnan. Qui passe aussi par une quantité conséquente de travail, au clavier, sur des thèmes qu'il est parfois bon de se (re)mettre dans sa mémoire musicale et les relier à ce qui en a fait une prière. Les gens, comme les communautés, ne gardent que ce qui est précieux, les choses pour lesquelles l'earned value est forte. Là, l'orgue a un atout évident. Le problème, en Alsace, c'est que les orgues sont... très nombreux. Que va-t-on faire de tout cet héritage dans lequel il n'y a... presque rien à jeter ! Et là, il n'y a guère lieu d'être optimiste. Certains cantons vont devenir des cimetières d'orgues. Cela commence par des églises fermées, puis équipées d' "orgues" électroniques. Et puis l'Orgue cesse d'être le compagnon des moments forts de la vie du grand-public. Puis on l'oublie : c'était une chose trop coûteuse à entretenir et trop difficile à jouer. Voyez ce qui s'est passé à Kintzheim (où l'on a choisi sans hésiter entre la Culture et le tourisme simiesque ; il en faut pour tous les goûts, bien sûr, mais là-bas, comme par hasard, il y a un "orgue" électronique, on trouve porte close, et un Rinckenbach à l'abandon). Voyez ce qui s'est passé à Aubure, Buhl, Geispitzen, Goersdorf, Hangenbieten (catholique), Heiligenberg... La responsabilité de ceux qui ont pris ces décisons "de court terme" absurdes, incultes et ignares est très lourde : ils vont servir à justifier d'autres renoncements, d'autres abandons. Il serait temps que les gens ayant un minimum de culture osent afficher une positon claire : Non à l' "orgue" électronique dans les églises. Un "Non" absolu et définif est à présent vital. il faut arrêter de faciliter les confusions et les amalgames. Tout organiste un tant soit peu conscient des enjeux devrait systématiquement refuser de jouer ces instruments. Qu'ils reprennent leur place chez les particuliers (où ils sont très utiles) ou dans une benne à ordures. A l'opposé, il y a des pôles "moteurs", et qui sont plein d'avenir : Saessolsheim, Issenheim (Guebwiller et les alentours jusqu'à Thierenbach, Cernay...), Zillisheim... Ce sont des gens, des personnalités fortes qui les ont construits et qui les font vivre. Il y en a d'autres qui sauront conserver une tradition locale forte, mise à profit pour le tourisme ou la conservation d'une identité. Un orgue "sympathique", populaire et ouvert, contrepoids idéal à l'orgue "liturgique" consacré à la prière. On aura les deux, ou aucun des deux. Ce qui est certain, c'est que si on multiplie les postes d'organistes vacants, les portes closes, les serrures, les clés introuvables, les "ah mais vous savez, cette orgue là, il y a que les grands organistes qui peuvent la jouer", si l'on prive les jeunes organistes d'instruments où ils peuvent travailler, et que l'on continue à faire usage des divers expédients façon "yo, on ferme pour raisons de la Sécurité", l'avenir est tout tracé : la presque intégralité de notre patrimoine sera irrémédiablement détruit. L'amateur d'orgues sera un archéologue, qui se demandera bien vite comment pouvaient sonner ces drôles de machines. L'avenir des orgues, c'est l'avenir des organistes. S'ils restent fidèles au poste, s'ils forments leurs successeurs, ouvrent leurs tribunes, suscitent des vocations, les orgues seront joués et auront une chance de toucher le public. Les aspects financiers se résoudront tous seuls, comme ils l'ont toujours fait. Rappelons qu'on aurait pu relever tous les orgues d'Alsace pour le prix d'un fameux immeuble voulu par une certaine politique de décentralisation : il y aura toujours des gens pour vouloir du luxe et du merveilleux en toute bonne conscience. Tout est une question de lucidité, de courage, d'information, de clés, et de compétences partagées... ou non.

Yannick Merlin :
8) Pour conclure, quels sont vos projets, par exemple, une fois votre site achevé ?

Eric Eisenberg :
J'espère qu'il ne sera jamais achevé ! Comme ce serait triste ! Lorsque tous les orgues publics y seront, il faudra revisiter les pages, à commencer par les plus anciennes. Au rythme où les contributions s'accélèrent, je pense que le site me prendra quand même moins de temps, et il sera possible, pourquoi pas, passer la main à d'autres. Je pourrai alors consacrer plus de temps à faire de la musique, en recommençant sûrement le piano. Il se passe des tas de choses entre un Do et le Do d'après, alors, pensez, sur 7 octaves !... Des choses qui pour moi, restent quand même assez mystérieuses. A travailler, donc...

Ecrire à Eric Eisenberg

Son site :

 


Retour à la page "Entretiens"

Retour à la page d'accueil